remis d'une violente attaque de smog et de chaleur
Mardi dernier, j’ai fait face à la chaleur et au smog de Montréal en ayant la bonne idée de faire 30 kilomètres d’allez-retour en vélo sur la rue St-Laurent. Comissions à la MEC, meeting de Koumbit, j’ai pédalé pas mal. Tout semblait correct ce jour-là, mais le lendemain, mercredi, j’étais sur le cul, comme on dit chez nous. Fatigue extrême, maux de tête, j’ai à peine réussi à travailler ce jour-là.
Depuis ce jour, je suis sur une pente remontante. Je ne dors pas aussi bien qu’avant, mais je vais un peu mieux. C’est assez frustrant de se dire que je tombe malade à cause que je fais de l’exercice en ville. D’autant plus frustrant que c’est ma seule source de conditionnement physique et qu’une des raisons que je me voyage strictement en vélo en est une …. écologique!
Après je dois me battre avec les chars pour garder ma place sur la route: "va donc sur la piste cyclable", "tasse-toi du chemin", la terreur des grosses cylindrées et des camions à benne… L’écologie peut bien passer par les égoûts ou les pistes cyclables (ce qui est la même chose, pour moi, j’y reviendrai), on s’en fout, tant qu’on peut aller travailler à l’air climatisé sans se faire péter sa bulle.
Marre, je vous jure. Je crois que je commence à atteindre mon point de refus. Je ne pourrai plus accepter une telle oppression, qui vient maintenant nous chercher chez nous. Le smog a une http://www.radio-canada.ca/nouvelles/actualite/nouvelles/200506/29/001-Smog.shtml cause: c’est la sur-utilisation de la voiture, et contrairement aux autres formes de pollutions (effets de serre ou pluies acides), nous n’avons que nous-mêmes à blâmer cette fois. Le smog "est un phénomène local et ponctuel. Au Québec, on attribue au transport routier près de 40 % des gaz à effet de serre et près de 80 % de certains gaz responsables du smog."
Évidemment, dans de telles conditions, comment s’attendre à une quelconque adoption des moyens de transport alternatif par la population? De plus, comment faire pour que les milliers de banlieusards qui viennent travailler à Montréal chaque jour, seul dans leur voiture, adoptent un autre comportement?
Nous en sommes à un point de non-retour où la population ne va plus naturellement aller vers des moyens de transports plus propres, manifestement. Les services de transport en commun se dégradent ou deviennent plus coûteux, et ne suivent pas les développements de population. Essayez de vous rendre à Fabreville, à Laval, autrement qu’en auto un dimanche, vous allez vous amuser.
Il faudra une volonté politique extraordinaire pour mettre en place des mécanismes pour empêcher l’utilisation des SUVs et des voitures à un conducteur. Il faudra aussi un réinvestissement massif dans les structures sociales existantes: métro, trains de banlieue (oui-oui! il y en a!), autobus de tout acabit. Autrement, nous allons vers une distopie des plus déprimante: impossible de faire du vélo, on doit rester à l’intérieur, masques à gaz, etc.
C’est ça que vous voulez? C’est comme ça que va finir l’ère du pétrole? Course aux resources, guerre, on va littéralement brûler le pétrole jusqu’à ce que la boucane et la température nous tue.
On est en train de foutre le feu au paradis, je me demande combien de temps l’enfer peut durer…
Moi, [je vais pas me laisser faire].
Je comprends ton malaise
Depuis qu’il fait beau, je fais chaque jour à vélo les 5 km qui me séparent du travail, et c’est un combat constant contre les voitures. Juste aujourd’hui, pour aller faire renouveller mon permis de conduire (ironique!) je me suis fait faire un show de crissement de roues par une grosse cylindrée pour me dire de me tasser, et un autre a viré histérique en faisant des grands gestes en devenant un danger public parce qu’il ne regardait plus en avant: il aurait pu frapper quelqu’un à contre-sens. Celui-là, comme je m’en doutais, je l’ai rejoint 30 mètres plus loin au feu de circulation, et j’ai tenté de lui faire retrouver la raison. Il m’a dit de me tasser, parce que je me ferais du mal. Pourtant, c’est LUI qui pourrait me faire du mal! Sans compter son échappement qu’il me fait respirer…
J’ai décidé d’en faire un combat, de rappeler aux automobilistes que j’ai le droit de circuler, autant qu’eux!
Je prends peu de risques, toutefois, car je suis peut-être fou, mais je ne suis pas con! J’ai réalisé lors d’un voyage de cyclotourisme qu’en circulant le plus à droite possible sur une route étroite était plus épeurant que de circuler en plein milieu de la voie, même lors qu’il y a seulement une voie dans chaque sens. J’ai compris que les automobilistes me voient de loin, et voyant leur voie bloquée, ralentissent et attendent que la voie en sens inverse soit libre pour me dépasser. Résultat? Je roule à mon aise, et les voiture me doublent à 40 ou 50km/h au lieu de 80 ou 90km/h.
Depuis cet été, j’applique cette découverte à Montréal. Je circule principalement sur Jean-Talon, où il y a deux voies et demie. La première voie, à gauche, est occupée à 80% par des voitures stationnées. La seconde, tout à gauche, est la voie préférée des automobilistes. Entre les deux, une voie qui n’existe pas en théorie, mais qui sert en pratique à dépasser une automobile par la droite, enfreignant du coup le code de la route, et risquant de happer un passager ou un conducteur qui entre ou sort de sa voiture. Comme cycliste, je roule dans cette demi-voie, à plus d’un mètre des voitures stationnées pour éviter de me faire “porter” (dooring). Et quand je traverse une intersection, il se passe souvent 30 secondes pendant lesquelles il n’y a aucune voiture de stationnée, et où j’ai l’air d’être simplement au milieu de la rue. Je refuse de me tasser pour de courtes distances, car je prends le risque de me faire frapper en changeant de voie, parce que je suis sorti du champ de vision des conducteurs.
Depuis que j’applique cette conduite, je me sens en sécurité, et mes sorties sont plus agréables. Je dois souvent m’expliquer aux automobilistes, mais c’est un moindre mal.
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